Après Dublin: le besoin urgent d’un véritable système européen d’asile*

Oui, le système de Dublin est devenu un symbole d’injustice et de manque de solidarité de la politique européenne d’asile, entre autre parce qu’il est dépourvu de tout mécanisme efficace compensatoire pour redistribuer la charge.

Et comme c’est noté dans le rapport, les récents événements en Allemagne, en Autriche, en Hongrie, … montrent que le système de Dublin s’est déjà effondré et doit être réformé de toute urgence.

Il nous faut une harmonisation plus poussée et une reconnaissance mutuelle des décisions nationales d’octroi du statut. Il nous faut un partage équitable des charges entre les Etats participants en ce qui concerne la relocalisation des réfugiés dont le statut a été reconnu. La création d’un statut de «réfugié européen» pour les bénéficiaires de la protection internationale s’impose.

Réformer le système de Dublin est certainement utile et nécessaire. Mais réformer le système de Dublin ne réduira pas le nombre des demandes d’asile faites en Europe et notamment dans l’Union Européenne.

Aujourd’hui, nous avons un devoir de solidarité pour gérer les flux migratoires.

Schengen est devenu le symbole de ce que nous percevons comme l’une des plus belles réussites de la construction européenne : l’ouverture des frontières intérieures de l’Union.

Cette réussite est aujourd’hui remise en question par certains. Il y a quinze jours à peine, le vice-président du Front national français, qui est aussi député européen, s’est rendu à Schengen pour déposer une gerbe à la mémoire de la libre circulation et pour, selon ses paroles, célébrer le retour des frontières nationales au sein de l’Union européenne.

Au Luxembourg, nous avons dénoncé cet acte de provocation. Il est impensable que les avantages dont bénéficient au quotidien des millions de personnes en Europe soient remis en question par des pensées nationalistes.

Au sein de l’espace Schengen, chaque fermeture de frontière ne saura être que temporaire et menée selon les règles définies par les traités.

Agissons de façon à ce que le défi migratoire ne soit pas instrumentalisé à des fins nationalistes et à celle d’un retour des frontières au sein de l’Union. Les migrations du 21e siècle réveillent des réflexes de repli national. Les partis plus ou moins ouvertement xénophobes connaissent des succès électoraux malheureusement importants.

Une véritable approche globale du défi migratoire doit aussi comprendre le dialogue avec nos citoyens et tous les acteurs de la société afin de favoriser l’intégration.

Être membre de l’Union européenne être membre du Conseil de l’Europe signifie qu’on ne peut pas se limiter à prendre, mais qu’il faut aussi donner ; qu’on ne peut pas seulement bénéficier des avantages, mais qu’il faut également s’engager à venir en aide lorsque c’est nécessaire.P1070502

Le droit à l’asile et un droit fondamental et nous devons nous donner les moyens nécessaires à garantir ce droit. Pour cela, il nous faut une approche globale, et une réforme du système de Dublin en fait parti.

 *  Discours envoyé à l’APCE le 29/09/2015 ( j’étais classé comme 50e orateur et la liste des orateurs était fermée au numéro 20.)

 

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