Séparation entre églises et école publique ?

Travail de l'artiste Tony Oursler, Oude Kerk, Amsterdam

Travail de l’artiste Tony Oursler, Oude Kerk, Amsterdam

Je comprends très bien qu’un grand nombre d’associations, qui se sont engagées depuis des décennies à la lutte pour la séparation entre églises et l’Etat, ressentent un besoin urgent d’avoir des informations supplémentaires concernant l’accord qui a été signé le lundi, 26 janvier 2015.

J’espère que les associations auront leurs entrevues dans les meilleurs délais et que cet entretien leur donnera satisfaction.

Personnellement, je reste convaincu que l’accord est un accord historique et ceci à plusieurs niveaux. Je vais me pencher ici juste sur le futur cours commun “éducation aux valeurs”.

En tant que député responsable du dossier de l’éducation de mon parti, j’ai proposé maintes fois d’arrêter la répartition des enfants dans nos écoles publiques dans deux groupes, suivant les croyances de leurs parents. J’étais vraiment déçu par les lois de la réforme de l’enseignement fondamental, qui restaient sur le statut quo du passé en ce qui concernait l’enseignement religieux. Des motions pour introduire un cours commun ont été refusées. “L’inspecteur de l’enseignement fondamental exerce le pouvoir hiérarchique sur le personnel des écoles de son arrondissement à l’exception des enseignants et chargés de cours de religion.”, cette phrase de la loi sur l’organisation scolaire de 2009 résume le mieux l’immobilisme en la matière.

Lors du débat à la Chambre des députés le 21 janvier 2015, j’ai dit que le cours « éducation aux valeurs » deviendrait un cours à l’école fondamentale comme tous les autres cours : les mêmes règles pour définir les contenus à retenir et à intégrer dans le plan d’études, les mêmes contraintes et libertés pour le personnel enseignant que pour tous les autres cours. Ines Kurschat pense au Lëtzebuerger Land que je me trompe, qu’il s’agit d’un cours spécial avec un historique particulier. Elle rappelle les débats échauffés qu’il y a depuis des décennies autour de ce cours. Et bien justement, avec cet accord, nous entrons dans une nouvelle ère.

Plusieurs lois doivent être redressées, comme par exemple l’art. 5 de la loi sur l’obligation scolaire, qui m’a toujours particulièrement agacé: “A l’exception de l’enseignant titulaire d’un cours d’instruction religieuse et morale, l’enseignant ne peut manifester ostensiblement par sa tenue vestimentaire ou le port de signes son appartenance à une doctrine religieuse ou politique.” La partie de phrase avant la virgule sera rayée –enfin!

Le fait que le “Conseil des Cultes conventionnés” sera consulté me paraît une évidence, tout comme le fait que les associations qui viennent de s’adresser au MEN soient également consultées. La décision appartient toutefois au Ministre, à qui d’autre !

L’art. 18 de la convention prévoit une offre de reprise des enseignants de religion et des chargés de cours de religion actuels dans un emploi dans le domaine scolaire. Et bien, je suis content que le patron “Etat” se voie responsable quant au sort de salariés qui ne peuvent plus exercer leur ancienne profession. Quelques 180 personnes trouveront un nouvel emploi auprès du MEN, selon les diplômes dont elles disposent. Environ 40 personnes continueront à travailler dans leur profession pour l’archevêché. J’aimerais bien savoir lesquelles. Celles qui sont titulaires du bachelier en pédagogie religieuse devraient en tout cas avoir un accès prioritaire à cette voie. Mais est-ce que ces titulaires vont vraiment opter pour l’archevêché ? Où est-ce qu’ils vont essayer de rentrer au sein du MEN ?

La possibilité qu’il y ait une influence encore trop importante des communautés religieuses sur le contenu du cours “éducation aux valeurs” n’est pas à nier. Néanmoins, les changements prévus amèneront des transformations beaucoup plus profondes que quelques lignes dans le programme d’un cours scolaire. Les plans d‘études se corrigent beaucoup plus aisément que les lois ou la constitution. A l’adresse de tous ceux qui ont tendance à minimiser la portée de la décision de bannir l’enseignement religieux de l’école publique, je tiens à rappeler qu’il existe une pétition pour le maintien de ce cours avec 25.000 signatures et que le plus grand parti du Luxembourg a refusé de voter la convention notamment à cause du volet « enseignement religieux. »

L’accord entre l’Etat et les communautés religieuses, notamment en ce qui concerne les écoles publiques, s’inscrira dans notre histoire.

 

Dieser Beitrag wurde unter Educatioun, Politik abgelegt und mit , , , verschlagwortet. Setze ein Lesezeichen auf den Permalink.

Kommentar verfassen

Trage deine Daten unten ein oder klicke ein Icon um dich einzuloggen:

WordPress.com-Logo

Du kommentierst mit Deinem WordPress.com-Konto. Abmelden / Ändern )

Twitter-Bild

Du kommentierst mit Deinem Twitter-Konto. Abmelden / Ändern )

Facebook-Foto

Du kommentierst mit Deinem Facebook-Konto. Abmelden / Ändern )

Google+ Foto

Du kommentierst mit Deinem Google+-Konto. Abmelden / Ändern )

Verbinde mit %s