Reform vum Lycée: Eng Charmeoffensiv vun der Ministesch ?!

 

Wéi ech de Rapport de synthèse vun der DNL gelies hat, a verschidden Commentairen vun Leit aus der DNL héieren hat, war ech iwwerzeegt, datt et net kéint zu enger « Entente » bei der Lycéesreform kommen. D’Positiounen louchen a mengen Aen ze wäit auserneen.

Wéi ech d’Äntwerten vun der Ministesch op dës Synthèse gelies hunn, war ech allerdéngs – zumindest deelweis – angenehm iwwerrascht : Den MENFP huet eng Flexibilitéit gewisen, déi en nach bei kengem Reformprojet virdrun gewisen huet. Eng Rei Punkten, déi nach am Dezember 2011 als indiskutabel duergestallt gi waren, sinn an den grands axes de la réforme du lycée  verschwonnen. Zum Deel huet dat mer gutt gefall, zum Deel och manner gutt. De Projet ass eng Zort Collage ginn, wou probéiert gëtt jiddereen zefridden ze stellen, datt hannerléisst en Androck vun enger gewësser Konzeptlosegket.

Der Lycée classique gëtt mat de méi strengen Promotiounscritèren an Ajournementsregelen wuel méi elitär a méi « kleng ». Ass dat wënschenswäert ? Jo an Nee! Jo, wann parallel déi historesch Trennung tëschent classique an technique net nëmmen bei der Numerotatioun, mee och an der Praxis manner strikt ass. Nee, wann et um Terrain op nach méi eng kloer sozial Segregatioun erausleeft.

D’Ministesch huet versicht eng Charmeoffensive bei den Enseignanten ze starten. Hier grouss Linnen sinn esou duergestallt ginn, wéi wann déi schonn den Accord vun alle Partner hätten. Am Secondaire ass berouegt ginn : Déi meescht Ännerungen betreffen den Technique, am Secondaire (classique) ännert sech ganz wéineg (…wat och eng korrekt Ausso ass).

Esou eng Offensiv war och déck néideg, well am Enseignement ass nach ëmmer, a schonn zimlech laang, eng grouss Onzefriddenheet. Wichteg Chantieren sinn lassgekappt ginn, mee no 9 Joer LSAP-CSV Schoulreform stellt sech d’Fro, wat dann elo vun all dene Reformen iwwereg bleift? Et sinn iwwerall nëmme Chantieren : D’Reform vum Enseignement Professionnel ass nach ëmmer ee Chantier, esou wuel fir d’Schüler ewéi fir d’Enseignanten. Am Enseignement fondamental, wou mir d’Approche vun der Reform (mir akzeptéieren d’Heterogenitéit vun eiser Gesellschaft a setzen op d’Stäerkten vun de Kanner), trotz allen Onzoulänglechkeeten vun der Ëmsetzung, gutt gefall huet, ass et elo duerchaus méiglech, datt rëm alles a Fro gestallt gëtt. An da steet jo och nach d’Reform vun der Fonction publique virun der Dier ! Do gëtt et zwar een Accord mat SNE a FEDUSE, mee SEW-OGBL an APESS refuséieren desen Accord.

D’Ministesch huet de Projet Schoulreform genee esou op d’Schinne gesat, wéi et an den 90er Joeren fir de Projet BTB de Fall war (Bus-Tram-Bunn). Dee stoung och schonn op de Schinnen an ass dunn total entgleist. Dat huet deemools d’Diskussioun iwwert ee besseren ëffentlechen Transport hei am Land ëm Joeren zréckgehäit. Gëtt d’Schoulreform der Ministesch hieren (an eisen) BTB 2 ?

Hei drënner och nach ee franséischen Text deen sech un der Pressekonferenz vun de Moien orientéiert, déi ech am Numm vun der grénger Fraktioun gehalen hunn:

 

Les « nouveaux » grands axes de la réforme du lycée :

 Face aux précédentes propositions du Ministère de l’Education nationale, les enseignants avaient demandé la mise à plat de la réforme des lycées, exigence soutenu par déi gréng. Depuis lors, il y a eu 10 mois de consultations et de discussions et de nombreuses rencontres entre la DNL et le Ministère.

Constat :

–       Les nouveaux grands axes font preuve d’une flexibilité nouvelle du Ministère

–       Un grand nombre de propositions ont changé par rapport au projet initial

–       Nous avons l’impression qu’il s’agit d’un essai d’offensive de charme à l’encontre des enseignants

L’essai d’offensive de charme est un premier élément positif.

 

Les buts de la réforme:

N’oublions pas les buts de la réforme !

  • Acquérir des niveaux de savoir et savoir-faire plus élevé afin de mieux réussir
  • Augmenter le nombre de détenteurs de diplôme de fin d’études secondaires
  • Elargir et faciliter l’accès aux études supérieures

Je ne suis pas prêt à faire un choix parmi ces buts ni à donner une priorité à l’un ou à l’autre. C’est justement la somme de ces buts qui devrait motiver toute réforme scolaire.

Les points positifs:

  • Les nouvelles dénominations: numérotation des classes de 7e à 1re aussi bien à l’ESC  qu’à l’ESG. Ce sont des détails, mais ce sont aussi des messages que le MENFP émet : le rapprochement de l’ESC et de l’ESG par une même dénomination des classes est un message que je soutiens.
  • Mise en place d’un tutorat, obligatoire pour la plupart des élèves des classes      inférieures. Reste à savoir pourquoi le tutorat ne serait pas obligatoire pour tout le cycle inférieur de l’ESC…
  • Introduction d’un travail encadré en 2e (si les conditions de l’encadrement sont appropriées). Réaliser un travail d’envergure sera un exercice bénéfique pour tout étudiant d’une classe de deuxième. Néanmoins, il persiste un risque de créer un nouvel instrument de ségrégation dans le système scolaire, si l’encadrement scolaire ne garantit pas une grande équité en ce qui concerne les moyens dont disposent tous les élèves.
  • Réduction du nombre d’épreuves à l’examen de fin d’études.
  • Mise en place d’une cellule de développement scolaire dans chaque lycée. Un PRS (Plan de Réussite Scolaire de l’école fondamentale) au lycée ? Oui, un tel instrument      me semble être une nécessité pour structurer et organiser des discussions      concernant l’évolution d’un lycée dans un cadre d’une plus grande autonomie.

Les points décevants :

  • Enseignement des langues: Le système d’un enseignement de langues ambitieux est maintenu, ce qui est positif. Bonne ouverture à l’ESG, réforme insuffisante à l’ESC      (allemand et français au niveau très élevé C1).

Je suis d’avis qu’actuellement, la plupart des décrocheurs d’un bac classique risqueraient de ne pas obtenir une certification à un niveau très élevé des deux langues (l’allemand et le français). Considérer l’allemand et le français comme langues secondes, comme le propose la DNL est une bonne idée, mais ne résout aucun problème. Maintenir un apprentissage de nombreuses langues à un niveau haut et très haut, exige la possibilité d’une certification différenciée et d’une large compensation d’une langue au profit d’une autre. Ici, les idées retenues dans les grands axes de la réforme du lycée ne vont pas assez loin.

  • Evaluation et promotion: la promotion est décidée à la fin de chaque année scolaire. La proposition initiale du MENFP d’introduire un bloc 7e-6e, lié à une promotion automatique est donc abandonnée.

Constat du MENFP (réponses à la synthèse de la DNL): Le MENFP reste convaincu que l’énorme taux de redoublement de l’école luxembourgeoise ne contribue pas à l’amélioration des performances des élèves, mais qu’il constitue un gaspillage de ressources et un facteur de démotivation pour beaucoup d’élèves. Comme cette conviction n’est pas partagée, il est renoncé à la promotion automatique de 7e en 6e, mais le redoublement devra être encadré par des mesures de remédiation.

La considération de la 7e et de la 6e comme un cycle avec une décision d’orientation à la fin du cycle aurait été le bon choix et aurait assuré une meilleure continuation par rapport au système de l’enseignement fondamental.

  • La faisabilité: Beaucoup de problèmes que nous rencontrons actuellement à tous les niveaux de l’enseignement concernent autant la mise en place de la réforme que le      contenu (cf réformes de l’enseignement professionnel et de l’enseignement fondamental).
  • Quel sera l’impact budgétaire de la réforme du lycée ? La réforme de l’enseignement fondamental a contribué à une augmentation de 62% du coût annuel par élève. Refuser toute tentative d’introduire un budget d’austérité pour l’enseignement ne veut pas dire que l’emploi des deniers publiques ne devrait pas être transparent, justifié et prévisible.

Une réforme scolaire ne peut se faire sans les enseignants et elle peut encore moins se faire contre les enseignants. J’approuve donc la démarche qui a été entreprise (création DNL et discussions avec le MENFP). Néanmoins, une réforme scolaire ne peut pas non plus être faite par les seuls enseignants. Voilà pourquoi je considère p.ex. les assises de l’enseignement secondaires comme une initiative qu’on devrait répéter (en y invitant cette fois-ci aussi les député-e-s.) Je regrette que la réforme scolaire a cessé d’être un projet commun de (et pour) toute la société luxembourgeoise.

 

Conclusion :

Les « nouveaux » grands axes de la réforme du lycée pourraient être une possible sortie de l’impasse, pourvu que l’opération de charme soit un succès. Mais je suis déçu du « flou artistique » qui persiste de même que de l’absence de certains volets essentiels, nécessaires pour remplir les objectifs fixés, notamment une amélioration de l’orientation scolaire à tous les niveaux !

Ces axes et le calendrier font ensuite preuve d’une rupture plutôt que d’une continuité entre enseignement fondamental et secondaire. En 2013/14 entreront à l’enseignement post-primaire les premiers élèves évalués selon les critères de la réforme de l’enseignement fondamental. Or, la réforme du lycée débutera au plus tôt pour l’année scolaire 2014/2015 et obéira très probablement à un autre esprit que celle du fondamental.

Restent ensuite la réforme de la formation professionnelle qui présente toujours de graves déficits, de même que la réforme de la fonction publique et ses retombées pour le secteur de l’enseignement.

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