Réforme de l’école fondamentale : D’Richtung stëmmt !

Le Ministère de l’Education national a présenté aujourd’hui un premier bilan de la réforme de l’école fondamentale. Les conclusions du ministère se terminent par la phrase : D’Richtung stëmmt !

Et bien, on se contente de très peu au ministère ! Imaginons une fois que les réformes n’iraient pas dans la bonne direction. Le travail de plus de huit ans de tout un ministère mènerait droit dans l’impasse ? Ce serait une véritable catastrophe !

Personnellement, je n’ai jamais douté ni de la nécessité de réformes scolaires ni de la direction que ces réformes devraient prendre : miser sur le dialogue avec les parents, ouvrir l’école fondamentale à une multitude de professionnels (éducateurs gradués, orthophonistes, pédagogues curatifs etc.), améliorer la formation continue et la rendre partiellement obligatoire, professionnaliser les directions d’école, redéfinir le rôle des inspecteurs, changer de système d’évaluation des élèves, redéfinir les buts de l’apprentissage…

Pour tous ceux qui partagent l’avis de Socrate (470-399 av. J-C) que « les jeunes d’aujourd’hui aiment le luxe, sont mal élevés, méprisent l’autorité, n’ont aucun respect pour leurs aînés et bavardent au lieu de travailler », les réformes auraient probablement dû aller dans une autre direction.

Je suis convaincu que ceux qui se plaignent d’un permanent dénivellement vers le bas ont partiellement raison. Les étudiants qui sortent de l’enseignement secondaire ou de l’enseignement secondaire technique ont, pour la plupart et depuis des décennies déjà, des lacunes quant à l’emploi correct de la langue écrite française et trop souvent aussi de la langue allemande. Cette conviction me revient d’une part de la lecture de textes produits par des étudiants universitaires, d’autre part par l’analyse des résultats d’examens, comme p. ex. ceux donnant accès à la carrière de rédacteur auprès de l’Etat.

Néanmoins, un retour au bon vieux temps qui d’ailleurs n’était pas si bon que certains nous le veulent faire croire, est impossible. Déjà le mot d’ordre « Back to basics » d’ une ancienne Ministre de l’éducation nationale m’avait toujours agacé. Je n’ai rien  contre une concentration sur les bases essentielles de l’apprentissage, mais alors il fallait tout de même dire « forward to basics » ! Pour l’instant je ne vais pas développer mes idées sur ce qui est communément appelé dénivellement vers le bas. La réforme de l’enseignement secondaire va très probablement me permettre de revenir sur ce sujet.

Si donc il y avait apparemment un certain nivellement vers le bas, il faudrait tout d’abord admettre qu’il ne puisse être le résultat de la réforme de l’enseignement fondamental. Les lois de cette réforme datent de 2009. Revenons donc au bilan de la réforme de l’école fondamentale.

Le rapport d’expertise de l’université du Luxembourg informe : 29,5% des parents et 16,6% des enseignants ont répondu aux questionnaires qui leur ont été adressé. Pourquoi est-ce que 83,4% des enseignants n’ont pas répondu aux questionnaires ? Qui ne dit mot consent ! Peut on interpréter la non participation des enseignants comme signe d’accord avec tout ce qui s’est passé sur le terrain ces dernières années ? Où doit on interpréter le non retour des questionnaires comme signe de protestation contre les auteurs –qui, rappelons le, n’étaient pas les fonctionnaires du MEN mais les chercheurs de l’université.

Des entretiens ont été faits avec 26 présidents ou membres des comités d’école, 17 inspecteurs, 19 instituteurs ressources et 6 représentants de parents d’élèves. Je constate que l’université a décidé de s’entretenir avec des enseignants exerçant une fonction spéciale dans l’enseignement.

Les résultats en bref : Tout le monde aime les comités d’école, l’obligation de collaboration est vécue comme une chance, le contingent de leçons et la fonction de président du comité d’école évoquent des sentiments mitigés. Les bilans intermédiaires sont très controversés, les cycles d’apprentissages sont un véritable « flop », les socles de compétences sont difficiles à comprendre. L’appui ,intégré dans la tâche de l’instituteur avec la loi de 2009, est une bonne idée avec une mauvaise mise en pratique, les équipes multiprofessionnelles sont bloquées par la bureaucratie. Le partenariat parents-école fonctionne mieux qu’avant, celui des maisons-relais et des écoles ne fonctionne pas assez bien. Le PRS est une bonne idée mais trop formaliste, la formation continue est généralement appréciée.

L’université reproche au Ministère une préparation insuffisante de la réforme et une mauvaise communication.

Madame la Ministre a déclaré être contente du premier bilan de la réforme. Elle donne probablement plus d’importance au rapport de l’ancien conseiller du gouvernement qui, tout en tirant une même conclusion que l’université qui se résume chaque fois à un « oui, mais… », est plus favorable à l’action du MEN. Mais, après tout, il s’agit ici d’une évaluation interne et j’ai certains doutes quant à l’impartialité de l’évaluateur.

Comment interpréter ce « oui, mais… » de la réforme ?

  • Oui, il fallait réformer, mais pas comme vous l’avez fait ?
  • Oui, vous avez réformé, mais beaucoup de messages ne sont pas passés ?
  • Oui, il y a eu une réforme, mais la plupart du travail reste à être fait ?

Je ne vois pas de raison pour la « satisfaction ministérielle ».

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